Dans la série « mauvaises idées qui survivent à leur auteur », le zoo privé de Pablo Escobar mérite une place de choix. Dans les années 1980, le tristement célèbre narcotrafiquant colombien a fait venir plusieurs animaux exotiques à l’Hacienda Nápoles, dont quatre hippopotames. Après sa mort en 1993, la plupart des animaux ont été déplacés. Les hippos, trop lourds, trop dangereux et franchement peu coopératifs, sont restés sur place. Ils ont ensuite gagné les zones proches du fleuve Magdalena et se sont reproduits sans prédateur naturel, rapporte le Smithsonian Magazine.
Une population qui galope !
Le problème n’a plus rien d’anecdotique. Les autorités colombiennes estiment aujourd’hui que la population dépasse les 200 individus et pourrait atteindre environ 1.000 hippopotames d’ici 2035 sans intervention ! En 2022, l’espèce a été officiellement déclarée invasive en Colombie, notamment pour ses effets sur la qualité de l’eau et sur des espèces locales comme le lamantin et la tortue de rivière.
Stériliser, déplacer… ou euthanasier ?
Pendant des années, la Colombie a tenté les solutions les moins brutales : stérilisation chirurgicale, contraception, confinement, discussions avec d’autres pays. Mais chaque option avait ses propres limites : trop coûteuses, lourdes et difficiles… Une stérilisation peut coûter jusqu’à environ 40 millions de pesos colombiens par animal et le transfert international reste freiné par les autorisations, les coûts et la faible capacité des structures d’accueil rapporte le gouvernement colombien.
En avril 2026, le gouvernement colombien a donc annoncé un plan de choc doté de 7,2 milliards de pesos, incluant pour la première fois un protocole technique d’euthanasie ! Reuters rapporte qu’environ 80 hippopotames pourraient être concernés dans une première phase prévue au second semestre 2026.
Il faut se dépêcher !
Les scientifiques alertent sur une fenêtre d’action qui se referme : plus la population grandit, plus les mesures deviennent chères et politiquement explosives. Une étude publiée dans Scientific Reports souligne que la perception positive du public a longtemps freiné l’abattage, au profit de méthodes plus coûteuses et moins efficaces… Reste le dilemme : protéger les écosystèmes ou épargner des animaux qui n’ont rien demandé ?