Une forteresse née pour la guerre (et devenue star)

Monteriggioni n’est pas né par hasard. Entre 1214 et 1219, les Siennois construisent ici un avant-poste fortifié, stratégiquement posé sur une colline naturelle. Objectif ? Tenir tête à Florence et contrôler les vallées des alentours. Aujourd’hui encore, impossible de le rater : ses quinze tours caractéristiques (dont sept restaurées) surgissent du paysage et se repèrent depuis les routes… et même l’autoroute.

Quand Dante s’invite à Monteriggioni

Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Dante Alighieri lui-même. Dans L’Enfer, il compare les géants infernaux aux tours de Monteriggioni. Rien que ça. Avouez que pour un village de cette taille, la référence est plutôt flatteuse. Et quand on se promène le long des remparts, on comprend. Les murs encerclent entièrement le bourg, donnant cette impression délicieuse d’être hors du temps, protégé du monde moderne…

Piazza Roma, cœur battant du village

Au centre, la Piazza Roma joue la carte de la sobriété élégante. Elle est dominée par une église romane, simple, presque austère, mais dont l’architecture révèle subtilement le passage du roman au gothique. Autour, de belles maisons, parfois Renaissance, autrefois propriétés de nobles et de riches marchands.

En s’éloignant de la place, les rues se font plus discrètes et laissent place à de petits jardins publics. À l’époque des sièges, ces espaces étaient vitaux : ils nourrissaient les habitants lorsque l’ennemi campait aux portes. Aujourd’hui, ils offrent surtout un délicieux coin de calme… et d’ombre !

Trahisons, sièges et clés remises un peu trop vite

Monteriggioni a résisté à de nombreuses attaques : Florentins, forces de l’évêque de Volterra… rien ne lui était épargné. Jusqu’en 1554, lorsque les Siennois confient la garnison à Giovannino Zeti, un Florentin exilé. Spoiler alert : c’était franchement une mauvaise idée. Dans un geste de réconciliation avec les Médicis, il remet les clés de la ville sans combattre. Une décision vécue comme une grande trahison par les habitants. Ambiance…

De la forteresse au jeu vidéo culte

Aujourd’hui, Monteriggioni combat sur un autre terrain : la… culture pop ! Le village occupe une place centrale dans Assassin’s Creed II, où il devient le fief de la famille Auditore. Résultat ? Une nouvelle génération de visiteurs débarque !

Ce qu’il faut absolument y faire

À Monteriggioni, on ne court pas, on savoure. Commencez par faire le tour des remparts, appareil photo en bandoulière : la vue sur la campagne toscane vaut largement la montée. Flânez ensuite sans but précis dans les ruelles pavées, entre maisons de pierre et petits jardins discrets. Installez-vous en terrasse sur la Piazza Roma pour un café ou un verre de vin local : ici, même boire un espresso devient une expérience médiévale. Prenez le temps de visiter l’église, puis terminez par une pause gourmande dans une trattoria. Peu de choses à faire, certes… mais tout à ressentir !